Mission

La mission de la Corporation de développement de la forêt communale de Mont-Carmel est de promouvoir la mise en valeur des richesses naturelles dans la municipalité en relation avec la forêt, la faune et les plans d’eau.
La Corporation a été créée pour supporter le projet du Laboratoire rural de la forêt.

Historique du projet

C’est la municipalité de Mont-Carmel qui porte le projet. La municipalité a été incorporée en 1855 en vertu de l’Acte des Municipalités et des Chemins de 1855. De nos jours, la municipalité de Mont-Carmel est enregistrée auprès du ministère des Affaires municipales et des Régions en vertu de l’article 1 du chapitre C-27.1 du Code municipal du Québec.

Avec ses 435 kilomètres carrés, dont plus de 320 kilomètres de terres publiques, Mont-Carmel est de loin le premier territoire municipalisé de la MRC de Kamouraska.

Depuis toujours, l’histoire de Mont-Carmel est étroitement liée à la forêt. En effet, dès 1840, on retrouve la présence d’un moulin à scie sur le territoire de Mont-Carmel, présence ininterrompue jusqu’à la fermeture définitive de la Scierie Pelem opérée par Bois de sciage Lafontaine en 2006.

D’ailleurs, au tournant des années 1960, une des plus importantes usines de sciage de la Côte-du-Sud se trouvait à Mont-Carmel. Il allait donc de soi que la municipalité ne baisserait pas les bras devant la demande de transfert du CAAF associé à l’usine de sciage de Mont-Carmel.

Suite à l’entente récente intervenue entre la municipalité et l’industriel, une partie du CAAF est en voie d’être transférée à la municipalité par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. C’est pour s’assurer de doter la municipalité d’un nouvel outil de développement que le projet de forêt communale est né et que ce projet de laboratoire rural est présenté.

Titre du projet

Mise en place progressive d’un modèle de forêt communale par le transfert d’une portion de territoire public (CAAF) à la municipalité de Mont-Carmel.

Description du projet

Mont-Carmel désire mettre sur pied et gérer une forêt communale sur le territoire de la pourvoirie la Baronnie, localisée dans les limites de la municipalité. Ce modèle de gestion s’inspire du concept français de forêt communale . Dans ce modèle, le conseil municipal planifie et gère les activités d’exploitation de toutes les ressources dans toutes ses dimensions dans le cadre du régime forestier national. Pour Mont-Carmel, la forêt communale constitue un élément important de l’aménagement du territoire et du développement local.
En novembre 2007, le ministre du MRNF M. Claude Béchard, a autorisé le transfert à la municipalité de Mont-Carmel d’un contrat d’aménagement forestier (CtAF) afin de mettre en place un projet de gestion multiressources sur son territoire. C’est ainsi qu’une entente est intervenue entre la compagnie Bois de sciage Lafontaine qui exploitait une usine de sciage et la municipalité de Mont-Carmel, suite à une demande de transfert du CAAF associé à l’usine de Mont-Carmel. Le contrat couvre le territoire de la pourvoirie pour les essences SEPM. Ce territoire est situé sur l’unité d’aménagement 11-51 et a une dimension de 65 km2.

Dans le cadre de son laboratoire, la municipalité souhaite aussi intégrer la gestion de la ressource faunique et mettre de l’avant son projet de biomasse pour chauffer des édifices publics. De plus, afin d’assurer une prise en charge encore plus grande du territoire, la municipalité souhaite à terme se voir octroyer une convention d’aménagement forestier (CvAF) lui permettant de prendre en charge et de gérer toutes les ressources de ce territoire public. La validation du modèle de forêt communale s’articulera donc autour des volets suivants : l’exploitation de toutes les ressources forestières dont la matière ligneuse, les activités fauniques et les activités récréo-touristiques et la bioénergie.

Les premières étapes viseront à poursuivre l’exploitation de la matière ligneuse, à intégrer le volet faunique, à réaliser un plan d’intégration et de mise en valeur des ressources naturelles, à établir une concertation entre les différents acteurs et à se doter de nouveaux outils de gestion comme la certification. En parallèle, des études seront menées pour identifier les créneaux prometteurs pour l’avenir, eu égard à l’exploitation des ressources naturelles et à leur intégration harmonieuse avec les autres activités présentes sur le territoire. Les résultats de ces études détermineront les étapes suivantes du projet de forêt communale.

Ce projet de laboratoire vise à explorer et à expérimenter le passage d’un lien forêt-usine à un lien forêt-communauté afin de permettre à Mont-Carmel de réagir à la crise forestière et de mettre en valeur ses ressources au profit de sa population. La municipalité désire se doter d’un nouvel outil de développement économique orienté vers le développement durable.

Il cadre bien dans la planification régionale : la Table Forêt, initiée par les intervenants de la région, a en effet retenu la forêt communale comme l’un de ses objectifs. De même, le plan stratégique de la MRC qui en découlera (2008-2013) ainsi que le pacte rural 2 de la région insistent sur la multifonctionnalité, sur le principe de l’occupation dynamique du territoire et sur la cohabitation harmonieuse entre les différentes activités humaines.

Ce projet de forêt communale reçoit l’appui enthousiaste des organismes de développement de la région et pourra servir de modèle aux autres municipalités vivant la même problématique. Il sera l’occasion de déployer tout le savoir-faire des institutions, organismes et partenaires présents sur le territoire.

Ce projet de laboratoire sera d’une durée de six ans afin de faire toutes les recherches appropriées et de permettre la concertation nécessaire entre tous les acteurs identifiés dans le plan directeur. L’engagement va cependant bien au-delà de ces six ans : la municipalité désire mettre sur pied un organisme qui verra au développement harmonieux de la forêt communale et à sa pérennité.

Objectifs du projet

  • Valider un modèle de gestion intégrée et d’exploitation multiressources par une municipalité;
  • La Forêt communale a pour but de remplacer un outil de développement économique inopérant, soit l’usine Pelem de Bois de sciage Lafontaine, par un autre, porteur d’avenir;
  • Créer une richesse collective dont la création d’emplois et favoriser des retombées pour le milieu;
  • Reprendre en mains les leviers de développement, dont la gestion de toutes les ressources de la forêt;
  • Gérer la forêt selon une vision de développement durable par des pratiques sylvicoles adaptées;
  • Identifier et mettre en place les utilisations les plus porteuses pour le développement futur de Mont-Carmel et celles qui conviennent le mieux localement;
  • Améliorer l’offre récréo-touristique du haut pays du Kamouraska en y ajoutant la forêt communale, permettant ainsi d’atteindre une masse critique intéressante, tout en diversifiant l’offre.

 

Aspects innovants du projet

C’est sans contredit l’apparition d’un nouveau paradigme «forêt-communauté» dans la gestion de la forêt publique localisée dans les limites de la municipalité de Mont-Carmel qui représente l’aspect le plus innovant. En effet, suite à l’entente survenue avec l’entreprise qui acceptait de céder à la municipalité une partie du CAAF associé à l’usine de Mont-Carmel, le MRNF donnait son aval à ce transfert. C’était le premier pas qu’il fallait franchir pour aller de l’avant dans le projet de mettre sur pied une forêt communale à Mont-Carmel. Il s’agit là d’une première au Québec.
Diverses municipalités suivront avec intérêt ce laboratoire : elles pourraient éventuellement y voir une avenue à explorer pour faire face à la crise forestière. Plus spécifiquement, ce projet de laboratoire permettra de :

 

Plus spécifiquement, ce projet de laboratoire permettra de :

  • Obtenir une convention (CvAF); Expérimenter une nouvelle gouvernance locale par la mise en place d’une forêt communale;
  • Adopter de nouvelles pratiques forestières par la certification (pratiques d’aménagements durables et écosystémiques);
  • Intégrer harmonieusement les divers utilisateurs dans le processus;
  • Utiliser la biomasse résiduelle présente sur le territoire pour chauffer le centre municipal, l’école et l’église;
  • Mettre en place une structure polyvalente en forêt (exploitation du ligneux, non-ligneux, faunique et récréotouristique) pour permettre la création d’emplois à l’année.
  • Étudier ce projet en comparant la situation avant – après (retombées économiques, sociales, environnementales): sujet de maîtrise de la Chaire de recherche sur la forêt habitée de l’UQAR.